J'ai le c½ur mou, planté d'épines. La vie est une rose meurtrière. Perdu dans les méandres du labyrinthe, la peur m'assaille, prend plaisir à voir ma souffrance décupler. Pourquoi tant de haine ? Les hommes sont des chacals, les femmes des poignards aiguisés. Ô paix insolente, viens aplanir ma vie de douce chose, je ne veux vivre que d'amour et d'eau fraîche.
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Souffrance, on te dit jubilatoire, tu m'apparais totalement inconsidérée. Tu n'es qu'un néant profond qui profite des mauvaises âmes qui rôdent sur cette Terre. Malheureusement, muse indispensable à la création, tu es aussi celle qui fait de moi ce que je suis. Celle qui m'octroie cette raison de vivre. Apogée de la jouissance, mon c½ur se lâche, mon esprit se rêve d'amours excentriques et me voici libéré, prêt à affronter une fois de plus les milles et un drames qui parsèment mon avenir incertain. Parfois, j'ai peur lorsque j'arpente cette route sèche perdue en plein milieu du désert, j'attends désespérément l'oasis dont je connais l'existence quelque part sur le chemin...C'est ce que les hommes appellent l'Espérance. C'est ce qu'ils ont inventé pour moins souffrir. Tel un mouton, je n'ai pu faire autrement que de les suivre dans leur réflexion.
Bonheur, on te dit extraordinaire, d'une joie démesurée. Je ne peux te juger, jamais tu ne m'as laissé l'honneur de t'approcher, la souffrance est plus docile que toi. Douloureux regrets qui m'emplissent, tu me fais plus de mal que de bien contrairement à l'avis populaire. Puisses-tu ne plus jamais m'approcher, ou puisses-tu m'approcher de manière certaine, entrer en moi pour de bon et ne plus jamais me quitter.
Vous, humains qui peuplez cette Terre, on vous dit indispensables. Vous n'êtes à mes yeux que le reflet trop imparfait de Dieu, emplis de défauts inacceptables, je me sens beaucoup mieux lorsque je m'isole dans cette tour d'acier où seuls entrent les âmes purs des poètes encore trop méconnus. Je vous souhaite la plus tragique des morts, le destin le plus sordide qu'il existe...Vous n'êtes que des soldats cyniques qui prônez la paix et défendez l'amour...Êtres abjectes, je souhaite que vous soyez jetés dans des fosses communes qui porteraient le doux nom de « Autodestruction meurtrière ».
Joues-toi de moi et brûle mon âme. Laisse-moi m'enivrer de ce vin merveilleux. Ivresse, procure-moi l'envie, procure-moi l'oubli. Et toi, tendre vie, procure-moi la mort, lit de mousse sur coulis de chocolat, délicieuse fin. Procurez-moi tous cette éternité...
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